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Nadim Haddad, artiste en quelque sorte...

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Enfermé dans une immobilité partielle depuis 18 longues années, Nadim Haddad, architecte de formation, s’est lancé depuis 2 ans dans une aventure née de sa passion pour Photoshop, transformant une simple image sur papier glacé en une toile pleine de couleurs.

Cet article à été initialement publié sur le site web de la revue L’Orient Le Jour (www.lorientlejour.com) le lundi 18 Mars 2013, écrit par Carla Henoud.

Pour Nadim Haddad, il y a clairement un avant et un après octobre 1994, lorsqu’un violent et terrible AVC lui a coupé les ailes d’une manière irréversible. Il avait alors 39 ans. Avec autodérision, ou, en tout cas, un humour qui le rend très attachant, il précise : « Il y a 2 Nadim ... Je les ai aimés tous les deux. Le second est certainement plus mûr, plus conscient de l’importance des autres. Maintenant, je sens que j’utilise plus mon esprit. Mais je ne sais pas si c’est vrai ! »

Éternel voyageur, grand baroudeur, il avait entrepris des études d’architecture au Liban puis aux Beaux-arts de Paris, avant de travailler 7 ans en Arabie saoudite, puis en France, Angleterre, Turquie, au Koweït et aux Émirats arabes unis. « Je ne savais pas trop où était ma maison, avoue-t-il. À raison de deux fois par semaine, je voyageais un peu plus qu’un capitaine d’avion ! » Sportif, souvent casse-cou, il précise : « J’ai toujours fait ce que je voulais, sans me soucier de mon entourage, en me disant que si je venais à mourir, ce serait juste dommage ! Mais j’avais oublié qu’il y avait autre chose entre la vie et la mort, et c’est l’immobilité. Le pire, c’est que je n’avais pas fait ce calcul. Si j’avais eu ce handicap suite à une chute en parachute, j’aurais compris... »

Lorsque l’AVC le touche de plein fouet, les conséquences immédiates sont énormes. « J’étais quadraplégique et j’avais perdu l’usage de la parole... » Au bout de quelques mois d’intense rééducation, il récupère l’usage d’un bras, de la parole, et un peu celui de ses jambes, même s’il souligne : « Je peux marcher, mais pas le marathon ! » Après l’incompréhension et la colère, l’évidence s’impose. « Au début, c’est comme si on enfermait une personne dans une cellule, les jambes et les mains coupées, en lui disant qu’elle va vivre... J’ai appris à vivre comme ça, à me débrouiller et à faire les choses à ma façon. Relativiser les problèmes m’aide. Et ma philosophie qui consiste à vivre et laisser les autres vivre. »

Entre ses travaux d’ingénierie auprès d’une société de construction et le graphisme qu’il développe en free-lance, Nadim s’est peu à peu intéressé aux outils informatiques, et notamment à Photoshop. Durant des années, il a « concocté » ses propres formules, transformations plus ou moins compliquées et autres combinaisons de filtres, et a fini par aboutir à une « formule magique » qui le satisfait. À partir d’une photo, et quel que soit son format, portrait, paysage ou autre, il manipule l’image et la « transforme » puis l’imprime sur une toile de 60 x 40 cm ou plus, certifiée avec ses initiales ! « Je ne prétends pas être un artiste ou avoir inventé quoi que ce soit. Mon intervention, sur 7 étapes, est technique et simple. J’ai juste trouvé ma propre formule. » Dans ses archives, des portraits de personnalités connues, d’amis, d’aïeux, et des commandes personnelles qu’il se plaît à faire très rapidement et qui, souvent, lui donnent, outre la satisfaction du travail abouti, la sensation de s’évader. Même si, il ne cesse de le clamer : « Photoshop me permet d’être un artiste... enfin, en quelque sorte... », l’artiste malgré lui serait tenté par une exposition qui réunirait d’une manière insolite sa galerie de portraits. Et qui en ferait un véritable artiste...

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URL www.lorientlejour.com
 

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