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Nicola Santini et le Bois

Date: June,18 2011
 
Location: Beirut, Lebanon
 

Nicola Santini est un architecte italien spontané et authentique dans ses pensées. Il a étudié à Florence en Italie mais aussi au Portugal.

Il a assisté à de nombreuses réalisations et expositions partout dans le monde mais surtout en Europe et a gagné en première position nombreux prix. En 2001 il fonda Avatar Architettura avec son collaborateur Pier Paolo Taddei.
C’est un architecte certes mais il est aussi un personnage polyvalent, il a touché au journalisme et à l'éducation. Il est aussi très actif dans la recherche urbaine surtout ‘verte’ et dans des projets utilisant des matériaux recyclables. On peut citer entre autre ‘Beirut Green Roofs Project’ un système d’agriculture et de commerce sur les toits de Beyrouth. C’est un projet en phase de lancement. Ou la rénovation du HANGAR, une plate-forme artistique vivante au cœur de Ghobeiry.
Nicola Santini refuse de profiler un courant quelconque et il a bien raison. La recherche pour cet architecte vient avant tout et c’est elle qui produit le concept. Pour définir en fin de compte la forme et non pas l’inverse. C’est peut-être la raison pour laquelle Nicola Santini ne peut pas tolérer le design quand il est purement un divertissement esthétique. La fonctionnalité est son mot clé. C’est ce qui prime dans ses créations.
La créativité de cet homme n’a pas de limite. Il s’est glissé aussi dans la création de meubles. Il dessine actuellement avec Pier Paolo Taddei (qui s'occupe de plus proche du coté design industriel) une nouvelle ligne de meubles recyclés; des meubles design, fonctionnels esthétiques mais aussi écolo’ pour une société libano-française par exemple.
Nicola Santini aime retourner aux choses simples. Retrouver le passage du temps sur ses créations est une valeur ajoutée. C’est pourquoi il favorise les matériaux naturels. Son matériau préféré est le bois. Que se soit les problèmes environnementaux ou sociaux dans un contexte bien précis, Nicola a tout pensé. Une des solutions plausible est le bois recyclé. Le seul problème auquel il fait face c’est l'épuisement de cette source. Car il puise d’une source bien définie et limitée dans le recyclage.
Que ce soit dans son meuble, dans l’espace ou dans la construction de diverses bâtisses, Nicola Santini donne une nouvelle vie à un bois qui a été préalablement utilisé. Il recycle, permettant ainsi une plus longue durée à tous ces arbres déjà abattus et qui sont eux-mêmes à une plus grande échelle épuisables. Désormais ils ont deux vies et pourquoi pas plus?!
Né au début des années 70 Nicola Santini a accumulé plusieurs années de recherche, et de projets; mais aussi de voyages et de découvertes de différentes civilisations, des sujets qui le passionnent.
Il a été en France, aux États-Unis, Colombie, Chine etc. Il est actuellement au Liban en visite chez un ami de jeunesse avec qui il a passé son école d’architecture, à Florence.
L'amitié conserve. La création d’espaces conviviaux et qui permettent le tissage de relations agréables entre l’espace, l’objet et les hommes et leurs environnement doit être le credo de tout architecte réussi.
Le Liban selon lui, Beyrouth en particulier, lui fait penser à l’Italie des années 60-70. Sauf qu’au Liban, il le trouve téléporté dans un marché sans règle ni plans urbains dans une époque étrangère à l'âme qu’il possède toujours. Ce même Liban qui est doté d’un atout majeur: une force et une jeunesse en ébullition. À son avis, il règne actuellement un esprit de désillusion chez les architectes italiens, plus généralement les jeunes entre -eux. Au Liban, selon Nicola Santini et d'après son expérience en tant qu’animateur de workshop pour étudiants au cours desquels il a rencontré des étudiants de NDU (Notre Dame de Louaizé), c’est tout à fait l’opposé de la jeunesse italienne de nos jours.
Le Liban est doté d’un grand nombre d’architectes et de créateurs. Beyrouth niche une grande partie des bâtisses intéressantes qui essayent d'émerger dans le chaos de la construction urbaine et hautement commercialisée actuellement.
Pour cet architecte forgé, les jeunes diplômés libanais ont les pieds sur terre et possèdent un esprit perspicace. Ils pensent efficacité. Ils ont certainement des idées plein la tête, plus encore ils ont l’enthousiasme et un marché qui est prêt à investir pour rendre leurs projets concrets. En Italie, on manque de ceci.
La seule remarque qu’il trouve à faire, c’est la complexité de la société libanaise qui rend l’expérience au Liban un peu plus compliqué qu’en Italie ou d’autres pays qu’il a visité. C’est aussi un atout pour la société libanaise, car cette complexité la remplit d'énergie positive et de mouvement vers l’avant, un catalyseur pour la vie.
Son travail est qualifié par lui même de non-méthodique. Si on insiste à décrire son mode de travail, on peut le diviser en deux modes de fonctionnement: le mode direct et le mode indirect. Son mode direct peut en d’autres termes designer l’intuition, la vision, l'élaboration directe de ses sources premières d’inspirations. Quand il manque de spontanéité dans le travail il opte pour le mode indirect et un peu plus long du monde des idées. Il opère ainsi, il commence à dessiner et au cours de ses dessins il réalise des connections qui l’illuminent. Petit-à-petit l’image se dévoile par elle même au cours de diverses associations et travail mental poussé. L’essentiel pour Nicola Santini est le concept qui doit prendre forme librement.
Les concepts complexes ne l’intéressent pas; bien qu’ils puissent être porteurs d’un sens profond, d’idées ingénieuses. Ce qui lui plaît ce sont les concepts qu’il qualifie de communicatifs et d’universels. C’est ceux qui peuvent être accueillis par le grand public de tout âge. Marcel Duchamp est dépassé, il ne sert plus a rien, d'après ses propres termes ‘non serve piu’ (ne sert plus). Les artistes qu’il admire sont entre autres Oliafur Eliasson ou Elisabeth Charlotte Rist connue sous le nom de Pipilotti Rist. Sa forme d’art préférée est l’art visuel sous sa forme plastique. Ce qu’il admire le plus sont les installations artistiques à grande échelle comme celles de Eliasson ou de Rachel Whiteread qui rendent aux visiteurs de ses œuvres une expérience unique dans l’espace. Une interaction, une activité, une communication avec un espace qui nous abrite et auquel on donne vie du fait de notre présence ou de notre simple passage.
Nicola Santini préfère l’art plastique ‘non-contemplatif’ selon ses termes mais actif et réactif, bref de l’art qui vit et qui donne vie. Ses créations dans l’espace, qu’ils soient meubles, installations dans des espaces publiques, bâtisses...sont dessinées sur les rythmes et les symphonies des grands compositeurs tels que Bach, Ravel, Chopin, Schubert et Debussy. C’est la musique Baroque qu’il préfère et le violoncelle l’instrument qui l’inspire. Il cite Bukminster Fuller comme un visionnaire, plus vieux Yona Friedman, qui a écrit il y a 40 ans un livre dans lequel elle cite les problèmes actuels des ressources naturelles et qui est « l’architecture de survie ».
Nicola Santini avoue qu’il aime tout genre de musique c’est pourquoi on peut le trouver pris également par la musique pop et sa préférée est celle de PJ Harvey. Il termine en confessant qu’il est actuellement pris à coté de son travail par un livre de Javier Marias ‘Domani nella battaglia pensa a me’ un livre complexe…

Nicola Santini was interviewed by Ranine Homsy in Beirut, Lebanon, on the 18th of June, 2011.

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Comments

  1. dr. H

    Very interesting eco-approach
    dr.H

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